Lu dans la presse

"Porno sur injonction"

"C'est l'histoire d'une adolescente de 15 ans […] qui a déjà regardé […] des extraits de cassettes porno. […] Jusque là, rien d'extraordinaire, sauf que les enquêteurs de Zone Interdite (M6) ont un scoop : elle les a regardées sur injonction maternelle. Séquence choc. La journaliste, à la mère, devant la fille : "Vous pensez qu'elle en a déjà vu ? J'en suis persuadée. Pourquoi ? Parce que, déjà, elle en a vu avec moi." […] Elle préfère que ses enfants voient ces images avec elle […]. "Il faut leur montrer du hard pour leur expliquer que c'est pas ça [l'amour] , c'est quand même plus doux." La fille, gênée, sur le canapé : "Moi je suis quand même mal à l'aise quand je regarde ça..." […]
Tout cela nous regarde-t-il ? En réalité, oui. Violence, porno, télé-réalité : comment les gens les reçoivent-ils, ces images dont la télé commerciale les bombarde désormais ? […] Tous les pré-ados des cités sont-ils définitivement persuadés qu'une fille qui crie "non" veut toujours dire "oui"? […] "


Extrait de "Porno sur Injonction", par Daniel Schneidermann,
Le Monde Télévision
du 4 octobre 2002

"A propos des adolescents impliqués dans des " tournantes " ou des viols collectifs"

"Pour se livrer à de tels actes, il faut quand même avoir - au minimum - une image déformée de la femme… ?
- Hormis les cours de biologie, ces jeunes n'ont aucune information sur la sexualité. A la maison, on n'en parle pas. Leurs seules représentations du rapport aux femmes, ce sont […] les images pornographiques […].

Est-ce souvent le cas des violeurs ?
- C'était le cas chaque fois que j'ai rencontré des jeunes auteurs de viols collectifs. Cela ne veut pas dire que tous ceux qui voient des images pornographiques vont devenir des violeurs. Mais, a contrario, tous les violeurs en ont vu. Pour ces jeunes […], ces images peuvent devenir la norme. […] ".

Extrait de "Le verdict de Pontoise peut-il avoir une vertu pédagogique ?" Interview de Patrice Huerre, psychiatre d'adolescents. Propos recueillis par Emmanuelle Réju.
La Croix du 30 septembre 2002

"Et le porno à la télé ?"

"[…] Comment oublier que près de mille films X sont accessibles chaque mois sur le câble et le satellite ? Comment ne pas être scandalisé de savoir qu'à 10 ans, un enfant sur deux a déjà vu - qu'on le veuille ou non - un tel programme ? A l'évidence, des excès sont à corriger.
En fait, Baudis ne manque pas d'arguments. Notamment quand il fait remarquer qu'il existe déjà une directive européenne sur l' 'épanouissement mental' des jeunes. Ce texte, appliqué par les Anglais, les Allemands et les Belges, interdit aux télévisions de diffuser des 'scènes pornographiques et de violence gratuite'. […] Pourquoi la France ne se plierait-elle pas à une règle observée par ses voisins ? "

Extrait du Bloc-notes d'Ivan Rioufol, Le Figaro du 11 octobre 2002

"Censurer la pornographie à la télévision, ce n'est pas retomber dans l'ordre moral"

"Censurer la pornographie à la télévision, ce n'est pas retomber dans l'ordre moral, c'est combattre l'accablante préemption de l'image sur l'apprentissage et sur l'imagination. Des enfants sont confrontés à des images crues, précises, détaillées de la sexualité avant d'avoir eu tout rapport sexuel. Etant donné le caractère particulier de ce média -la télévision s'adresse à tous, c'est un meuble familial-, il faut prendre vis à vis de lui un certain nombre de protections particulières. J'ajoute qu'il y a un lien évident, et il faut presque être amoureux du désastre pour ne pas le voir, entre les violences sexuelles qui se répandent aujourd'hui et la sexualité immédiate de la pornographie. Les tournantes, c'est l'utopie pornographique d'une disponibilité des corps, prise au mot."

Alain Finkielkraut, Psychologies, octobre 2002

"Interdire, c'est utile"

"En grandissant, chaque enfant ajuste progressivement l'idée qu'il se fait de la sexualité avec la réalité qu'il rencontre. Mais la pornographie fait 'effraction' dans l'univers enfantin. Elle bouleverse l'évolution de l'enfant en lui donnant une représentation fausse de la sexualité à un moment où il est curieux de la découvrir. […]
La plupart des adolescents […] vont digérer ces images sans subir de traumatisme. […] D'autres, en revanche, (sans repères, mal dans leur corps…) risquent d'être perturbés. […]
Sans 'rempart' autour d'eux, certains adolescents sont tentés d'imiter les films porno. Lorsqu'ils voient sur l'écran une femme qui refuse un rapport sexuel et se laisse finalement faire en ayant l'air d'y prendre du plaisir, ils ne savent plus interpréter le refus d'une jeune fille. […] Une interdiction [des films pornographique à la télé] peut prendre valeur de repère."

Extrait de "Les images porno, un viol pour nos enfants", Santé Magazine, octobre 2002